Ce chapitre analyse les activités agricoles, d’élevage, de chasse et de pêche des ménages des deux observatoires. Le chapitre sur les revenus présente déjà les contributions de ces activités au revenu total ; ici nous nous intéressons aux pratiques, aux facteurs de production et aux performances.
WarningTravail de vérification en cours
Les résultats présentés ci-dessous sont provisoires, et sont susceptibles de faire l’objet de corrections.
5.1 Agriculture
5.1.1 Riziculture
La riziculture est l’activité agricole dominante dans les deux observatoires.
Dans l’Alaotra, 58.3 % des ménages pratiquent la riziculture. Les riziculteurs exploitent en moyenne 1.4 parcelles (superficie moyenne de 57 ares).
A Marovoay, 73.6 % des ménages pratiquent la riziculture. Les riziculteurs exploitent en moyenne 1.7 parcelles (superficie moyenne de 68 ares).
La position topographique de la parcelle (bas-fond, plaine, tanety) détermine en grande partie les possibilités de maîtrise de l’eau et le calendrier cultural. La répartition des saisons de culture reflète les stratégies d’adaptation des riziculteurs à la variabilité pluviométrique.
Le bilan rizicole reconstitue les flux de paddy au niveau du ménage : stock initial, production, transactions (achat, vente, rente, dons), autoconsommation alimentaire, utilisation en semences, et stock final.
5.1.2.2 Fertilisation et production des autres cultures
L’accès aux engrais (organiques et chimiques) est un facteur déterminant de la productivité des cultures non rizicoles. Les pratiques de fertilisation diffèrent sensiblement entre les deux observatoires en raison de l’accessibilité et du coût des intrants.
Au-delà des mesures quantitatives, la perception subjective des rendements par les agriculteurs constitue un indicateur complémentaire de la performance de la campagne. Elle reflète à la fois les résultats objectifs et les attentes des producteurs.
Code
perc <- res_c0 |>filter(c1a ==1, !is.na(c20)) |>mutate(Perception =safe_to_char(c20)) |>count(Observatory, Perception) |>mutate(pct =round(n /sum(n) *100, 1), .by = Observatory) |>select(-n) |>pivot_wider(names_from = Observatory, values_from = pct, values_fill =0) |>mutate(Indicateur ="Rendement cette campagne", .before =1) |>rename(Modalite = Perception)evol <- res_c0 |>filter(c1a ==1, !is.na(c21)) |>mutate(Evolution =safe_to_char(c21)) |>count(Observatory, Evolution) |>mutate(pct =round(n /sum(n) *100, 1), .by = Observatory) |>select(-n) |>pivot_wider(names_from = Observatory, values_from = pct, values_fill =0) |>mutate(Indicateur ="Par rapport a l'an dernier", .before =1) |>rename(Modalite = Evolution)bind_rows(perc, evol) |>gt() |>tab_header(title ="Perception des rendements des cultures non rizicoles (% des pratiquants)")
Table 5.5: Perception des rendements des cultures non rizicoles
Perception des rendements des cultures non rizicoles (% des pratiquants)
Les jardins potagers et la cueillette de produits sauvages complètent les activités agricoles des ménages. Ils jouent un rôle important dans la diversification alimentaire, en particulier pendant la période de soudure.
Code
pct_oui(res_jpchphef, "jpa", "Jardin potager") |>bind_rows(pct_oui(res_jpchphef, "efa", "Exploitation forestière")) |>gt() |>tab_header(title ="Taux de pratique (% des ménages)") |>cols_label(Item ="Activité")
Table 5.6: Pratique du jardin potager et de la cueillette
L’exploitation des ressources forestières (bois de chauffe, charbon, bois d’œuvre, plantes médicinales) constitue une activité complémentaire pour de nombreux ménages. Les produits forestiers sont essentiels à la fois comme source d’énergie domestique et comme revenu d’appoint.
Code
produits_foret |>make_bar_obs(x = Produit, y_label ="% des ménages")
Figure 5.16: Principaux produits de l’exploitation forestière
L’élevage répond à trois objectifs principaux : l’épargne/assurance (constitution d’un capital mobilisable en cas de choc), l’autoconsommation (lait, œufs, viande) et la vente. La hiérarchie de ces objectifs varie selon l’espèce.
Code
obj_labs <-c(ele5a ="Épargne / assurance", ele5b ="Autoconsommation", ele5c ="Vente")res_ele |>filter(ele_lig0 !="", !is.na(ele_lig0)) |>mutate(Espece =str_to_title(ele_lig0)) |>pivot_longer(cols =c(ele5a, ele5b, ele5c), names_to ="Objectif_code", values_to ="val") |>filter(val ==1) |>mutate(Objectif = obj_labs[Objectif_code]) |>count(Espece, Objectif) |>ggplot(aes(x =reorder(Espece, n), y = n, fill = Objectif)) +geom_col(position ="fill") +coord_flip() +scale_y_continuous(labels = percent) +labs(x =NULL, y ="Répartition des objectifs", fill ="Objectif") +theme_ror()
Figure 5.18: Objectifs de l’élevage par espèce (% des ménages éleveurs)
La dynamique du cheptel dépend des entrées (naissances, achats) et des sorties (ventes, pertes, abattages). Les pertes d’animaux, liées aux maladies, au vol ou aux catastrophes naturelles, représentent un risque économique majeur pour les éleveurs.
Code
res_ele |>filter(!is.na(ele_i1), ele_i1 >0, ele_lig0 !="", !is.na(ele_lig0)) |>mutate(Espece =str_to_title(ele_lig0)) |>summarise(`Nb transactions`=n(),`Nb animaux vendus`=sum(ele_i1, na.rm =TRUE),`Valeur totale (Ar)`=sum(ele_i2, na.rm =TRUE),.by =c(Observatory, Espece) ) |>arrange(Observatory, desc(`Valeur totale (Ar)`)) |>gt() |>tab_header(title ="Ventes d'animaux par espèce et observatoire") |>fmt_number(columns =c(`Nb animaux vendus`, `Valeur totale (Ar)`),use_seps =TRUE, decimals =0)
Outre la vente d’animaux sur pied, l’élevage génère des produits dérivés (lait, œufs, miel, fumier) qui contribuent à l’alimentation et aux revenus du ménage.
La chasse et la pêche constituent des activités complémentaires, souvent saisonnières, qui contribuent à la diversification alimentaire et au revenu, en particulier dans les zones proches des plans d’eau.
Dans l’Alaotra, Ces activités sont pratiquées par 18.3 % des ménages.
A Marovoay, Ces activités sont pratiquées par 34.5 % des ménages.
Code
pct_oui(res_jpchphef, "chapha", "Chasse / Pêche") |>gt() |>tab_header(title ="Pratique de la chasse et de la pêche (% des ménages)") |>cols_label(Item ="Activité")
Table 5.9: Taux de pratique de la chasse et de la pêche
Pratique de la chasse et de la pêche (% des ménages)
La fréquence de pêche et son calendrier saisonnier dépendent du régime hydrologique local. Les périodes de hautes eaux correspondent généralement à une activité de pêche plus intense.
Code
frequence_peche |>make_bar_obs(x = Frequence, y_label ="% des mentions")
L’ampleur du recours à la main d’œuvre extérieure dépend de la superficie cultivée, du type de culture et de la disponibilité de main d’œuvre familiale.
Dans l’Alaotra, Le recours à la main d’œuvre extérieure (salariée ou par entraide) concerne 46.8 % des ménages.
A Marovoay, Le recours à la main d’œuvre extérieure (salariée ou par entraide) concerne 58.8 % des ménages.
Code
mo_np <-pct_oui(res_mp0, "mora", "Main d'oeuvre non permanente")mp0_col <-intersect(c("mp0", "mp0a"), names(res_mp0))[1]if (!is.na(mp0_col)) { mo_p <-pct_oui(res_mp0, mp0_col, "Main d'oeuvre permanente")bind_rows(mo_np, mo_p) |>gt() |>tab_header(title ="Recours à la main d'oeuvre agricole (% des ménages)") |>cols_label(Item ="Type")} else { mo_np |>gt() |>tab_header(title ="Recours à la main d'oeuvre non permanente (% des ménages)") |>cols_label(Item ="Type")}
Table 5.10: Recours à la main d’oeuvre agricole
Recours à la main d'oeuvre agricole (% des ménages)
5.4.2 Opérations nécessitant de la main d’oeuvre salariée
Les trois opérations rizicoles principales (travail du sol, sarclage, moisson) mobilisent des volumes de main d’œuvre différents. Le salaire journalier et le recours à l’entraide varient sensiblement selon l’opération et l’observatoire.
Le recours à la main d’œuvre permanente (salariés employés à l’année) reste minoritaire et concerne principalement les exploitations les plus grandes. Les conditions d’emploi (salaire, logement, nourriture) reflètent le marché du travail agricole local.
5.4.4 Cultures non rizicoles par quintile de revenu
Les ménages les plus aisés cultivent-ils des cultures différentes ? On croise ici les familles de cultures avec les quintiles de revenu courant du ménage.
Code
# Calcul des revenus pour 2025source("utils/calc_incomes_all_years.R")inc_agro <-compute_income_year(2025) |>mutate(j5 =as.character(j5))# Quintiles de revenu courant par observatoirequintiles <- inc_agro |>left_join(res_deb |>select(j5, Observatory), by ="j5") |>mutate(Quintile =ntile(revcou, 5),Quintile =paste0("Q", Quintile),.by = Observatory ) |>select(j5, Observatory, Quintile)# Fonction de regroupement en familles de culturescrop_family <-function(code) { code <-as.integer(code)case_when( code %in%102:199~"Autres céréales", code %in%200:299~"Tubercules", code %in%300:399~"Légumes", code %in%400:499~"Légumineuses", code %in%500:599~"Fruits", code %in%600:799~"Cultures industrielles / rente",TRUE~"Autre" )}# Croisement cultures × quintilecult_quint <- res_c |>filter(!is.na(c1)) |>mutate(j5 =as.character(j5), Famille =crop_family(c1)) |>left_join(quintiles |>select(j5, Quintile), by ="j5") |>filter(!is.na(Quintile)) |>expand_sites_for_profile() |>count(Observatory, Quintile, Famille) |>mutate(pct =round(n /sum(n) *100, 1), .by =c(Observatory, Quintile))cult_quint |>filter(Famille !="Autre") |>ggplot(aes(x = Quintile, y = pct, fill = Famille)) +geom_col() +facet_wrap(~Observatory) +labs(x ="Quintile de revenu courant", y ="% des parcelles cultivées", fill ="Famille") +theme_ror() +theme(legend.position ="top")
Figure 5.24: Familles de cultures non rizicoles pratiquées selon le quintile de revenu
5.5 Évolution des indicateurs agricoles (1995–2025)
Les fichiers rizicoles (res_r) et d’élevage (res_el2) couvrent la quasi-totalité des campagnes depuis 1995. On retrace ici l’évolution de la production rizicole moyenne par ménage, du rendement (lorsque la surface est disponible) et du taux de pratique de l’élevage.
Évolution du taux de pratique de l’élevage (1998–2025)
Les séries longues mettent en évidence des tendances structurelles : évolution de la production rizicole par ménage, variation des rendements en lien avec les aléas climatiques et l’intensification des pratiques, et évolution du taux de pratique de l’élevage. La rupture de série entre 2015 et 2025 (représentée en pointillés) invite à la prudence dans l’interprétation.
5.6 Pistes d’analyse complémentaires
Les données collectées offrent des possibilités d’analyse supplémentaires qui n’ont pas été développées dans ce chapitre, faute de certitude sur leur pertinence ou par manque de recul sur la qualité des variables concernées. On peut notamment mentionner :
Détail des ventes de riz (res_dc20) : les variables vs1 à vs3 semblent décomposent les usages du riz vendu (semence, consommation, paiement de main d’œuvre), mais leur codage est un peu complexe/à préciser.
Forme des produits vendus (cultures non rizicoles, c37) : la variable indique si le produit est vendu brut, transformé ou autre — potentiellement utile pour un tableau croisé avec les types de culture.
Coûts détaillés de la main d’œuvre par opération rizicole (res_mor, mor12) : le salaire total par opération (Asa tany, Mijinja, Manetsa) pourrait être présenté sous forme de tableau comparatif, mais les valeurs présentent une forte dispersion.
Pratiques de nourriture de la main d’oeuvre (res_mor, mor3) : la variable indique si les salariés ou l’entraide sont nourris pendant le travail.
Effectifs et variations du cheptel (res_ele) : les variables ele1 (effectif début), ele2 (naissances), ele3 (achats), ele_i1 (ventes), ele_p3 (pertes) permettraient de reconstituer un bilan démographique du cheptel par espèce (difficile à exploiter à première vue).